De chiffres en pourcentages, nous les femmes en perdrions presque nos toutes jeunes et intimes convictions sur la réalité d'un corps qu'il a fallu extirper d'une soumission millénaire. De chiffres en pourcentages, les sondages renvoient une photographie à regarder avec prudence tant les stéréotypes sont synonymes de carcans. Donner à la sexualité un caractère obligatoire en se référant à des normes « serait une autre manière de la mettre au placard » rappelle le Dr André Corman en train justement de travailler à la rédaction d'un livre intitulé « La flemme de l'amour ». Éléments d'analyse avec le sexologue toulousain.
6 femmes sur 10 sont satisfaites de leur vie sexuelle. « Dans les enquêtes, il y a toujours une dissociation entre la satisfaction et la souffrance. 6 femmes sur 10 se disent satisfaites, mais combien n'ont pas de désir ? La sexualité est conditionnée à un apprentissage. L'idée d'un orgasme naturel est fausse. La sexualité, ça se travaille. »
Pour 63 %, la baisse du désir au fil des années semble inévitable. « ça correspond à la réalité. Tout le monde sait que les premiers bouleversements chimiques de la relation amoureuse se calment après quelques mois. Les formes d'émotions qui apparaissent par la suite participent du « on construit ensemble ». Par contre, si c'est vécu comme une mise en danger de l'intimité et surtout de son couple, la femme en souffrira.
90 % ont déjà parlé sexe avec leur partenaire.
C'est un des traits de notre époque. Jusqu'à il y a à peine 30 ans, la sexualité était murée dans le silence parce que limitée à la reproduction. Aujourd'hui, elle est sur la place publique. Mais ça reste difficile d'en parler quand ça va mal, surtout quand le dialogue blesse.
78 % ont déjà pratiqué la fellation. Les pratiques sont plus variées, plus diversifiées. Mais les études ne disent pas si c'est une pratique qui revient. ça peut ne pas être aimé. Et si on n'en a pas envie, inutile de se forcer.
55 % ont déjà pratiqué le cunnilingus. Les hommes sont moins généreux que les femmes (rires) ! Plus sérieusement, ce qui est intéressant ici est la différence entre le chiffre cité plus haute et le pourcentage attribué au cunnilingus. La femme entretient un rapport au sexe qui reste tabou pour son odeur, sa situation géographique dans le corps…
39 % ont déjà visionné un film porno avec leur partenaire. Aujourd'hui, le porno n'effraie plus. À la rigueur, il peut ennuyer. Je n'ai pas grand-chose de plus à dire si ce n'est que si un couple à besoin de s'exciter, je lui conseille la littérature érotique. Elle fait mieux fonctionner l'imagination.
38 % ont déjà pratiqué la sodomie. On est là dans la diversification des pratiques sexuelles. Mais combien de femmes la repratique ? Il n'y a pas d'obstacle fondamental à l'idée. Mais la sodomie nécessite un minimum de savoir-faire. Et puis la sexualité n'est pas le livre des records. Là encore l'envie ou pas doit prédominer. L'essentiel est de développer l'aptitude à la volupté sans vouloir ressembler aux autres.
22 % ont expérimenté des sex-toys. Cette pratique nous vient des Anglo-Saxons pour qui le sexe est une activité. Pour nous Latins, c'est différent. Mais ça peut permettre à une femme de mieux connaître ses zones érogènes, d'autant que les fabricants se sont notablement améliorés sur la question en faisant des sex-toys des objets bien plus agréables que les anciens godemichés.
19 % ont expérimenté des sites de rencontres sur internet. On a là l'idée que la rencontre, l'amour pourrait devenir un commerce. Attention donc. Mais si on utilise l'outil pour la rencontre, pourquoi pas ?
Recueilli par Christine Roth-Puyo

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