
On l'ignore souvent, mais la fabrication de fibres textiles génère une importante pollution. Même celles que l'on imagine « naturel » comme le coton...
On sait que les vêtements synthétiques, fabriqué à partir de pétrole, ne sont guère écologiques. Mais on ignore souvent que le coton ne l'est pas vraiment non plus. Connue depuis plus de 5000 ans, c'est la fibre la plus répandue dans le monde et elle couvre 50 % des besoins de fabrication textile. Le coton est cultivé dans 70 pays, principalement en Chine, aux États-Unis, en Inde et dans de nombreux pays en voie de développement. Le problème, c'est que cette fibre naturelle est devenue l'une des plus polluantes: de 10 traitements par pesticides en moyenne (par cycles de production) il y a 50 ans, on atteint les 40 aujourd'hui. Certains d'entre eux, très toxique comme le DDT, sont encore utilisées, notamment dans les pays pauvres. La culture du coton nécessite également l'utilisation de multiple engrais qui pollue à la fois les sols, l'eau et l'air. En Asie centrale, par exemple, la mer d'Aral a été asséchée de moitié et son eau, trop polluée, n'accueille plus de vie aquatique. En outre, les terres environnantes ne sont plus cultivables. Après la récolte, la transformation de coton nécessite notamment l'utilisation de chlore pour son blanchiment et de métaux lourds (plomb, zinc, cuivre...) pour sa coloration. Autant de pratiques néfastes pour l'environnement, mais également pour la santé des hommes et des femmes qui récoltent le coton ou qui vivent aux alentours des champs
La solution ? Le coton bio
Pour éviter ces problèmes de pollution, et faire un geste pour la planète, il existe une solution simple : le coton bio. Cultivé selon son cahier des charges européen très strict et contrôlée par des organismes certifiés, il est cultivé sans OGM et ne subit aucun traitement chimiques. L'agriculture biologique du coton a parfois recours à des pesticides ou des engrais, mais tous sont naturels et purement biologiques il respecte l'environnement et la santé des hommes et des femmes qui cultivent et vivent à proximité.
Sa transformation n'utilise ni chlore pour son blanchiment, ni métaux lourds pour sa coloration. Sa production ne coûte pas plus cher que celle du coton « traditionnel ». De plus, il est en grande partie issue de petites structures coopératives, qui respecte les principes du commerce équitable. Côté consommateurs, nous avons tout à y gagner: le coton bio est en effet plus doux et plus souple, il est mieux toléré par la peau et cela entraîne moins de risques d'allergie. Le port de vêtements en coton bio est donc particulièrement recommandé pour les bébés et les personnes ayant une peau sensible. Certaines boutiques se sont spécialisées dans la vente de vêtements en coton bio (on n'en trouve même sur Internet). De plus en plus de grandes enseignes de textile proposent également des lignes spécifiques.
Mais aussi le chanvre, la laine et... Les bouteilles en plastique !
D'autres fibres naturelles sont écologiques. C'est le cas du chanvre dont la culture ne nécessite aucun pesticide ni engrais. Elle consomme aussi moins d'eau que celle du coton. Enfin, le chlore n'est pas utilisé pour son blanchiment. Un peu rugueux au toucher, il est souvent associé à d'autres matières naturelles comme le coton bio ou la laine. Cette dernière est également une matière écologique, à condition toutefois d'être issu de l'agriculture bio dynamique. Celle-ci garantit que la toison des moutons n'a pas subi de traitement toxique. Une nouvelle génération de fibre écologique est également en train de voir le jour : ce sont les fibres recyclées. Elles sont réalisées à partir de fibres usagées. Cette méthode, qui permet de limiter la surproduction de matières synthétiques, participe à la protection de la planète. Enfin, certaines polaires sont fabriquées à partir de bouteilles en plastiques recyclées. Il en faut environ 27 pour réaliser un pull. Vous reconnaîtrez ces fibres écologiques à leur label.
En chiffres
- la culture du coton représente 2,4 % de la surface agricole mondiale, mais consomme 24 % des pesticides vendus dans le monde.
- chaque année, 1 million de personnes travaille ou vivant près des champs de coton sont intoxiquées, et 22 000 ans meurent.
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